IMPORTANT : Marché dentellier samedi 23 septembre 2017 à Magalas.


Retour à la page principale

Cliquez sur l'adresse pour accéder à la source



La dentellière

Petits bonhommes fluets
Corsetés de blanche soie,
Les fuseaux dansent en joie,
Quadrilles et menuets.

Plate-bande minuscule
Entre un double retord bleu,
La dentelle, peu à peu,
Pousse dru et s'accumule.

Fleur de verre aux rangs pressés
Les épingles vertes, roses
Se dressent en fières poses
Sur les fils entrecroisés.

Ma main cueille la dernière
Puis la repique en avant,
Et je crois me voir souvent,
Nonchalante jardinière,

Dans le féerique jardin
D'une mignonne princesse...
Les fuseaux mènent sans cesse
Leur choeur de danse mutin,

Qui me berce et m'ensorcelle ;
Et dans mon demi-sommeil,
Il luit un rêve pareil,
Au jardin de ma dentelle.

Jules Romains

Source : lesmallesdemarie.canalblog.com

-----

Les fuseaux morts

Le vieux carreau de ma grand-mère
S'est endormi
Et les fuseaux, joyeux naguère,
Dorment aussi
Couverts d'une poussière épaisse, hélas !

Ils sont comme des doigts que la mort
Laisse sans un frisson.

Le fil qui les retient encore sur le carreau,
Ne vibre plus au chant sonore de leur galop
Et je les touche avec tristesse comme sur un clavier,
Qui reste sourd à la caresse d'un doigt léger

Pauvres fuseaux dont la musique nous ravissait
N'attendez plus que l'artiste unique qui vous plaçait !

Mais peut-être, en lieu céleste ses chères mains
Croisent avec les mêmes gestes des fils plus fins.

Et je crois bien que la dentelle de grand-maman,
Ce sont les astres qui constellent
Le firmament.

Georges d'Aurac

Source : lesmallesdemarie.canalblog.com

-----

Dentellière...

Avec application, tendue sur le carreau,
Se tisse la dentelle, la dentelle du bonheur.

De ses fils délicats, la vie est le terreau,
Ces fils entrelaçés qui en forment les fleurs.

D'instants précieux et rares, valsent les fuseaux,
Se dessinent les festons de nos plus belles heures...

...En motifs ajourés et,
Ces jours si mornes,
Ces jours si gris,
Ces jours si tristes,
Ces jours si longs,
N'ont de réalité qu'entre les doux instants !

Se brode au fil du temps, la passementerie des jours,
Petits riens, fils soyeux, qui font le coeur battant,
Chanvres légers mais forts, croisés sur le tambour,

Luis rustiques, infrangibles, grains de joie palpitants
Créent ce tissu précieux, que je garde toujours,
Me protégeant des maux, leurs assauts écartant.

Je suis la Dentellière, Dentellière du bonheur.

Johannes Vermeer

Source : joiedesmots.com




Retourner en haut de la page

©2008-2012 Les Dentellières de Magalas - Tout droit réservé - Site réalisé par Frédéric Berge & Kazzzisoft©
Dernière mise à jour le 15/09/2017 effectuée par Véronique LONG
Informations légales