IMPORTANT : Marché dentellier samedi 23 septembre 2017 à Magalas.


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La dentellière

Elle ne porte plus le bonnet de dentelle
Ni le caraco noir ni les amples jupons
Se vêtant aujourd'hui de couleurs aquarelle
Elle arbore parfois, horreur un pantalon.

Son carreau n'est bourré de paille ni de crin
Mais issu simplement des techniques nouvelles,
Les bois de ses fuseaux viennent parfois de loin,
Mais ses doigts passionnés créent la même dentelle,
Cette dentelle là qui vient de ses aïeux,
Quelque part vers le Puy, Alençon ou Bayeux.

Avec le même amour, avec la même foi
Elle crée aujourd'hui les oeuvres d'autrefois !

Elle retrouvera au couvige prochain,
Dans la joie du moment, des amies dentellières,
Ou dans l'excitation chacune se rengorge,
Parlant de point d'esprit, de torchon, de grains d'orge,
Voyant avec envie sur quelque manequin
Le col époustouflant que porta La Vallière
Et parmi les épingles et leur constellation
Entraînant ses fuseaux d'une danse rapide,
Mais sans énervement et sans agitation,
Elle crée la beauté en encerclant le vide.

Source : dentelle-attitude.over-blog.com

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Le carreau
(Chanson sur l'air : le temps des cerises)

Je voudrais chanter le temps des dentelles
Et le gazouillis du chant des fuseaux
Qui toujours voltigent.

Ces petits lutins pendant les couviges
Tournent sans arrêt sur les vieux carreaux.

Je voudrais chanter le temps des dentelles
Qu'orfèvrent nos doigts en légers réseaux.

Je voudrais chanter le temps des dentelles
Qui de l'Emblavez au Mézenc brumeux
Naissent pour les belles,
Pour les voiles blancs, pour les berceaux frêles
Elles déroulaient les flots onduleux.

Je voudrais chanter le temps des dentelles
Quand tous les fuseaux cliquetaient joyeux.

Mais il est passé le temps des dentelles
Les petits fuseaux ne roucoulent plus
Leur chanson légère.

Ecoutez là bas, de l'usine austère
Montez ces rumeurs et ces bruits confus
C'est le chant nouveau, le chant des dentelles
Meurt, mon vieux carreau sous mes doigts perclus.

J. Buhecker

Source : lesmallesdemarie.canalblog.com

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Kaatje
(Drame de 1909)

Oui, c'est mon art à moi, mon pauvre petit art
Je l'aime d'exiger seulement mon regard
Pour conduire le jeu de mes mains cadencées
Et de laisser tout son caprice à ma pensée
Puis, ce que j'aime encore,
C'est de voir, peu à peu, point par point, mes décors
Les plus majestueux comme les plus subtils,
Naître, mystérieusement, d'un peu de fil...

Il ne faut rien qu'un peu de fil. Mes mains le nouent
Si vite et si gaiement qu'on dirait qu'elles jouent
Du clavecin... Quelques épingles, peu de choses,
Et voici cependant des étoiles, des roses,
Des palmes qui vont l'une à l'autre s'enroulant,
Et ce n'est que du fil, rien qu'un peu de fil blanc.

L'heure passe, mes doigts travaillent, et, tandis
Que légère comme un oiseau du paradis,
La dentelle apparaît, peu à peu, point par point,
L'âme légère aussi, je suis mon rêve, au loin,
Battant de l'aile comme une voile qui cingle.

Il ne faut rien qu'un peu de fil blanc et des épingles...

Paul Spaak

Source : aiguillesenchantees




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