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LES COIFFES BRETONNES
100 modèles différents
1ère partie


En effectuant des recherches sur les coiffes bretonnes, j’ai trouvé un document pdf. Il s’agissait du livre de Maurice Bigot "Les coiffes bretonnes - 100 modèles différents" ; publié en 1928 en seulement 125 exemplaires.
Avec l’autorisation de reproduction accordée par la Bibliothèque.idbe-bzh.org, je vous propose de découvrir cet ouvrage.
Véronique



Ne pensez-vous pas que les coiffes bretonnes ont une tendance à disparaître ?

Ce qui le ferait supposer à première vue, ce sont les longues courses que l’on fait maintenant en certains coins de la Bretagne sans rencontrer une seule coiffe. Si, en effet, dans le Finistère, la coiffe est portée constamment, dans le Morbihan elle est, au contraire, souvent délaissée les jours de la semaine pour la coiffette de dessous, le Béguin, et dans l’est des Côtes-du-Nord on ne la met guère que le dimanche et jours de fête.

Cela dit, examinons les raisons que nous avons d’augurer favorablement de l’avenir de notre costume national.

Au temps passé, toutes les régions de France avaient leurs coiffes locales. Elles les ont perdues. La Bretagne est une de celles qui aient fait une heureuse exception.

Le premier ancêtre de la coiffe semble être le voile antique, qui, dans la suite des temps, s’arrangera en plis diversement agencés. Il est extrêmement difficile de faire une histoire de la coiffe bretonne. Les types présents ne nous ont pas été transmis en cet état par les siècles. Ils sont le produit d’une évolution. Nous y croyons d’autant mieux que nous avons assisté au stade le plus caractéristique de cette évolution. Mais les documents anciens manquent. Avant la daguerréotype, il n’y a rien. Les illustrations sont fantaisistes. Elles donnent des types totalement opposés pour le même pays. Le Romantisme a fait pour la Bretagne de la haute fantaisie. Hélas, que n’avons-nous de nombreux livres de l’intérêt de ceux de la Galerie Bretonne d’Olivier Perrin ! Des musées ont conservé, il est vrai, d’assez nombreux spécimens, mais ils ne remontent pas au-delà de la fin du XVIIIe siècle.

Posons d’abord ce principe : c’est qu’il est antihistorique de considérer la coiffe de dentelle comme léguée par la tradition.

Il y a 70 ans à peine, la coiffe était de toile ou de lingerie et elle n’était pas fort élégante.
En l’absence de documents précis, nous sommes réduits aux suppositions pour échafauder un système que rien jusqu’ici de très sérieux n’est venu infirmer.

Il y avait autrefois deux coiffures : Celle de fête : le Hennin ; celle des jours courants : la Capeline. Ces coiffes semblent avoir été portées par les femmes de toutes les conditions.
Le Hennin nous est demeuré parfaitement conservé et nous pouvons l’admirer, par exemple, aux processions du Folgoët(1).

Mais la capeline du type XVe siècle, que nous retrouvons dans le Capot ribot de Guémené(2), a subi des transformations considérables jusqu’au point de devenir la Catiole de Châteaugiron.(3)
Une capeline est composée d’un fond, d’un bavolet retombant sur la nuque, d’un bandeau et de deux barbes qui pendent des deux côtés du visage.

Pour commodité, le Bavolet est supprimé en premier lieu. Nous sommes alors en présence de la Poupette des environs de Renne telle qu’elle était portée encore en 1860. Nous la retrouvons dans le Kornek de Baud(2). C’est le type classique de la coiffe bretonne. Au XVIIe siècle, elle devait être ainsi. Les costumes des ordres religieux nous le prouvent. Cependant, nous le répétons, elle était de toile ou de lingerie.




Puis les barbes ont été relevées, toujours par raison de commodité. On les a attachées au sommet de la tête. N’ayant plus de raison d’être, elles se sont atrophiées. Enfin, nous vous renvoyons à la Catiole rennaise, 1928.





A suivre...

(1) Commune du département du Finistère
(2) Commune du département du Morbihan
(3) Commune du département d’Ille et Vilaine

Source :
Livre de Maurice Bigot ; 100 modèles différents aux éditions O.L. Aubert Editeur à Saint Brieuc.
(Né le 7 février 1883 à Lorient ; décédé à Lorient le 16 février 1939 ;il fut journaliste à Rennes, d'abord à l'Ouest Eclair puis au Nouvelliste de Bretagne, avant de terminer sa carrière à la rédaction du Nouvelliste du Morbihan à Lorient de 1929 à 1939.
Auteur de : "Rennes à travers les âges", "Les coiffes bretonnes", "Le culte de la Vierge à Hennebont".
Photos issues du livre de Maurice Bigot


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